L’évolution sociale détermine la redistribution

by on 1 février 2018

Il y a quelques jours, j’ai assisté à un colloque à Reykjavik en Islande durant lequel un intervenant a retracé le modèle qui prévaut en général dans la plupart des pays en matière de répartition de richesse. Sa présentation expliquait comment les pays répartissent la richesse en fonction de leur niveau de développement. Cet intervenant a commencé par démontrer que dans les sociétés les plus pauvres, l’inégalité était relativement faible. C’est quand la société commence à s’enrichir que l’inégalité progresse. Effectivement, dans une phase de croissance foudroyante, chaque citoyen ne progresse pas au même rythme. Durant cette étape fondatrice, les clefs du succès se fondent principalement sur le talent. Étant donné qu’au départ, ces facteurs diffèrent évidemment selon les individus, l’élévation de la richesse au sein de la société sera aussi faite de manière très inégale. En somme, la prospérité générale grandira intensivement mais tout le monde n’en bénéficiera pas au même titre. À partir d’un certain niveau de revenus, on observe cependant un changement de paradigme. C’est en général le moment où le citoyen moyen est devenu un électeur, et il peut dès lors faire clairement entendre que la redistribution est importante selon lui, ce qui en fera de plus en plus une priorité du gouvernement. Les pays occidentaux se trouvent par exemple dans cette phase de forte redistribution. Cette réduction des inégalités est clairement respectable. Elle offre à première vue une société apaisée. Mais cette égalisation par le bas n’est pas sans conséquence. La large redistribution imposée par les électeurs ne peut être effectuée qu’en décidant de lourdes taxes au sommet de la chaîne et en accordant d’importantes aides aux revenus à ceux qui se trouvent au bas de l’échelle. Cet alliage de taxes et de prestations diminue évidemment le potentiel d’une société à attirer de la richesse. Si ce colloque ne me laissera pas un souvenir inoubliable, je dois bien admettre que le propos de cet intervenant m’a captivé, parce qu’il donnait une clef importante pour comprendre le monde actuel. La France figure par exemple parmi les pays où l’inégalité a le plus fortement reculé au cours de ces dernières décennies. Cet accent croissant porté à la redistribution se manifeste par contre aux dépens de l’attention attribuée à la prospérité en général. Pour tout savoir sur ce séminaire en Islande, suivez le lien.